Chaire Sa de Miranda

Chaire Sa de Miranda

Créée en 2004 suite à la signature d’un protocole de coopération rattachant l’Université Blaise-Pascal (Clermont II) à l’Instituto Camões(branche culturelle du Ministère portugais des affaires étrangères), la Chaire Sá de Miranda vise à promouvoir l’enseignement et la recherche dans le domaine des études portugaises, par le biais de différentes initiatives :
- Le renforcement de l’équipe d’enseignants de l’université clermontoise, grâce à l’accueil de professeurs invités, de conférenciers et de tuteurs, ainsi que par le recrutement d’un lecteur.
- La mise à disposition de livres, de matériel audiovisuel et multimédia, portant sur la langue et les cultures des pays de langue portugaise.
- Le soutien à la formation scientifique et pédagogique des enseignants, chercheurs et étudiants de l’Université Blaise-Pascal, par l’attribution de bourses d’études et de stages de formation au Portugal.

Rattachée au Département d’Études Portugaises, Brésiliennes et Luso-africaines de l’Université Blaise-Pascal, la Chaire Sá de Miranda collabore également avec des programmes de recherche réalisés par les laboratoires locaux. Depuis 2008, ses activités relèvent plus étroitement des programmes de recherche mis en place au sein du Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS, EA 1002).
La Chaire Sá de Miranda est dotée d’un comité scientifique, composé de chercheurs issus de différentes institutions françaises et étrangères : Francisco Bethencourt (King’s College), Paulo Motta Oliveira (Université de São Paulo), Anne-Marie Quint (Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle), José Augusto Cardoso Bernardes (Université de Coimbra). Ce comité est une instance de conseil et de consultation en vue de l’organisation des activités de la Chaire.

Le nom de la Chaire

La Chaire Sá de Miranda doit son nom au poète portugais Francisco de Sá de Miranda, qui a joué un rôle crucial dans la culture portugaise du XVIe siècle. Son caractère complexe fait d’ailleurs de lui, aujourd’hui encore, un personnage tout à fait passionnant.

Né à Coimbra en 1487, fils d’un chanoine et d’une femme de famille noble, il fait ses études à Lisbonne et fréquente la Cour, dont il partage les soirées littéraires. Lors d’un séjour en Italie, qui dure sans doute de 1521 à 1526, Sá de Miranda aurait rencontré quelques grands lettrés de l’époque (Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, Pietro Bembo, Jacopo Sannazzaro) ; de retour au Portugal, il introduit dans la poésie portugaise les procédés formels caractéristiques du dolce stil nuovo – qu’il fait coexister avec des formes traditionnelles ibériques. Le poète se marie en 1530 et, plus tard, se retire avec sa famille sur ses terres du Minho, où il meurt, en 1558 . Son œuvre lyrique, publiée pour la première fois en 1595 , est constituée de canzones, élégies, épîtres en vers, sonnets, trovas, et églogues. Il est également l’auteur de deux comédies, Os Estrangeiros et Vilhalpandos.
Son œuvre poétique est dotée de différentes facettes qui, apparemment contradictoires, constituent au fond un véritable signe de sa richesse et sa complexité. Ainsi, il est vrai que Sá de Miranda est sensible aux vents de rénovation culturelle de la Renaissance, introduisant dans la poésie portugaise des éléments formels typiques de ce mouvement culturel venant d’Italie l’emploi du décasyllabe « italien », le recours à des formes telles que le sonnet et la canzone à la Pétrarque, l’églogue à la Sannazzaro, l’ottava rima à manière de l’Arioste ; toutefois, il ne néglige pas pour autant des éléments formels caractéristiques des pratiques lettrées de la Péninsule ibérique tels que l’usage de l’heptasyllabe (dit redondilha maior) et le recours à des formes poétiques comme les trovas, les esparsas, les vilancetes. De même, dans son œuvre lyrique, Sá de Miranda adopte parfois un ton enjoué – tout en cherchant à transmettre des leçons d’austérité morale ; c’est le cas par exemple de ses épîtres en vers pour lesquelles le modèle horatien joue un rôle central, où Sá de Miranda s’attaque aux méfaits de l’expansion maritime sur la vie de son pays, comme l’exode rural dû à l’attrait que la vie courtisane exerçait sur ses compatriotes. Il n’est pas étonnant ailleurs que cinq de ces poèmes aient été publiés au XVIIe siècle en tant que satires .
Personnage incontournable de la culture portugaise de l’époque, Sá de Miranda a exercé un rôle de maître pour les générations suivantes. Autour de sa figure emblématique s’est constitué un actif cercle de poètes, réunissant Pero de Andrade Caminha, António Fereira, Diogo Bernardes, Dom Manuel de Portugal, Francisco de Sá de Meneses, Frei Agostinho da Cruz ou André Falcão de Resende . En interaction plus ou moins intense, ces poètes ont laissé des œuvres qui, dans la lignée de celle de Sá de Miranda, ont fortement contribué à la diffusion d’une série de principes artistiques rattachés au mouvement de la Renaissance.

Le Séminaire de la Chaire

Le Séminaire de la Chaire Sá de Miranda est animé par quelques-uns des plus grands spécialistes de la culture portugaise, exerçant dans des universités de différents pays, et qui sont invités à séjourner à Clermont-Ferrand, afin de présenter des conférences, donner des cours intensifs ou participer à des manifestations scientifiques.
Les séances du Séminaire s’adressent aux étudiants et chercheurs de notre Université, ainsi qu’au public en général.

Depuis 2004, plus d’une trentaine de chercheurs ont participé aux activités proposées dans ce cadre : Vanda Anastácio (Lisbonne), Ana Paula Arnaut (Coimbra), Kelly Basílio (Lisbonne), José Augusto Cardoso Bernardes (Coimbra), Ana Maria Binet (Bordeaux III), Aparecida Fátima Bueno (São Paulo), Carlos Ceia (Lisbonne), Albano Cordeiro (CNRS), Lucia Da Silva (Paris VIII), Catherine Dumas (Paris III-Sorbonne Nouvelle), Ana Raquel Lourenço Fernandes (Lisbonne), Maria Eduarda Keating (Minho), Jean-Claude Laborie (Lyon III), Marcos Martinho (São Paulo), Inocência Mata (Lisbonne), Ana Isabel Moniz (Madère), Paulo Motta Oliveira (São Paulo), José Pedro Paiva (Coimbra), Anne-Marie Pascal (Lyon II), Marie-Hélène Piwnik (Paris IV-Sorbonne), Ana Filipa Prata (Lisbonne), Patrick Quillier (Nice), Micaela Ramon (Minho), Everardo Ramos (Natal), Carlos Reis (Coimbra), Ana Ribeiro (Minho), Gilda Santos (Rio de Janeiro), Arnaldo Saraiva (Porto), José Carlos Seabra Pereira (Coimbra), Maria Helena Serôdio (Lisbonne), Celina Silva (Porto), Eduardo Melo França (Pernambuco/Coimbra), Lúcia Nagib (Leeds), Christina Bielinski Ramalho (São Paulo), Elodia Xavier (Rio de Janeiro).
La Chaire a également organisé le colloque interdisciplinaire Nouvelles perspectives de la recherche française sur la culture portugaise, qui s’est tenu les 5 et 6 février 2007 à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) de Clermont-Ferrand, dont les actes ont été publiés en ligne par la MSH et les Presses Universitaires Blaise-Pascal. Cette manifestation scientifique a réuni des doctorants et des jeunes chercheurs qui travaillent sur le Portugal dans différentes disciplines, permettant de donner une vision générale et actuelle de la recherche française dans ce domaine.
Depuis 2008, la Chaire organise, en partenariat avec le Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS, EA 1002) et dans le cadre du Master Langues et civilisations étrangères, le séminaire Transmission & transformation des genres littéraires dans les pays lusophones ; genres littéraires et écritures cinématographiques dans les pays lusophones qui, à travers une série de journées d’étude, rassemble des chercheurs de différents pays et vise à examiner la dynamique de l’évolution des genres dans une perspective résolument interdisciplinaire.

A télécharger